Ma première fois

*Les psy m’ont posé les questions, ce à quoi j’ai répondu : « non je n’ai jamais été frappée, non je n’avais jamais frappé qui que ce soit avant ce jour ».

Là encore, ce n’est pas facile à écrire. Pas dans le sens « livrer ses sentiments » mais dans le sens propre : rédiger un récit (aussi court soit-il) demande une certaine technique, et je n’ai jamais été bonne en dissertation à l’école 😀  Je m’excuse donc si ce que je raconte est fouilli, sans transition, ou si je me répète…etc.*

Cette première fois, donc, je ne l’ai pas vue venir.

C’était au début du mois de septembre car je venais de reprendre le travail (le 1er) peu de temps avant. J’étais encore dans le « stress de la reprise », la transition maison/boulot après 1 an passé « au foyer ». La nounou arrive à 8h, c’était donc entre 7h et 8h.

Je me suis levée et je me préparais puis Choubidou s’est mis à pleurer. J’ai été le chercher puis l’ai amené à mon mari encore à moitié endormi dans le lit. Repartie à mes affaires. Puis Loubilou s’y met aussi. Je le prends, lui fait un câlin puis l’emmène au même endroit « je suis pas ta nounou! » (ok, ça commence bien). Je repars avec Bilou, lui fait encore un câlin dans le fauteuil tout en lui expliquant que je dois me préparer et que je vais donc le laisser dans le parc (toujours en pleurs, bien sûr). [à ce moment-là, je ne me souviens plus où mon mari a mis Bidou … je ne me souviens plus non plus exactement comment ça s’est passé, mais je pense qu’il ne pleurait pas, je n’ai pas le souvenir de 2 bébés qui pleuraient]. Mr Champi prend Bilou dans le parc et s’asseoit dans le fauteuil, il continue à pleurer. Je lui dit qu’il n’a qu’à lui donner sa sucette (elle était avec lui quand je l’ai posé dans le parc) et vais prendre ma douche express. Je reviens et là je le vois toujours vautré sur le fauteuil, avec le bébé toujours en train de pleurer; j’aperçois la sucette dans le parc situé à côté du fauteuil. « Mais tu lui as pas donné sa sucette ?!!« , « je sais pas où elle est » « mais elle est juste là (en pointant le parc)!! » (il a le don de pas voir ce qui est sous son nez) « de toute façon, c’est sa mère qu’il veut ». Soit ! Je me dis que ce n’est pas la mort si j’arrive un peu en retard et que je vais donc prendre Bilou encore un peu plus.

Je tends les bras [à noter que j’étais énervée bien sûr, par Mr Champi et à l’idée d’arriver en retard. Mais en aucun cas par Loubilou.]

Là c’est un peu flou. Je ne sais pas s’il a parlé. Je crois que oui… Le fait est qu’il n’a pas voulu me le donner. Je ne sais plus si j’ai réinsisté en parlant ou en rapprochant plus mes bras…

Je me souviens juste que je bouillonnais et que j’ai bondi sur lui et lui ai griffé le bras pour qu’il me donne mon bébé. Le fait qu’il dise que le bébé voulait sa mère et qu’en même temps il ne me le donne pas [car dans son souvenir, ce qu’il a raconté à la médiatrice, c’est qu’il ne voulait pas me le donner car j’étais énervée, et je n’ai pas le souvenir d’avoir donnée l’image d’une folle furieuse, non, juste stressée et énervée] [comme si j’allais lui faire du mal !!] m’a rendue folle de rage.

Même après ça il ne l’a pas lâché. Bilou continuait de pleurer. Mon mari s’est levé, je l’ai frappé et mordu aussi je crois, pour qu’il lâche prise. Je suis incapable de dire combien de minutes ça a duré…1 ? 2 ? pas plus je pense mais c’est déjà beaucoup ! Il a fini par me le donner et je me suis effondrée par terre (assise, pas de tout mon long…). Après je me rappelle être allée dans le parc en serrant Loubilou très fort et en essayant de le calmer. Et de me calmer. Lui avait l’air en panique, me demandant de me calmer et de ne pas faire de bruit pour pas que les voisins entendent. Il tendait les bras vers moi comme pour me rassurer alors que sa présence me dégoutait (pour avoir osé faire ce qu’il avait fait, et mis Bilou au milieu de tout ça; car moi je n’ai pas volontairement bondi pour le frapper, c’était instinctif, animal; lui a volontairement choisi de ne pas me le donner). Je lui disais de se pousser mais il insistait, il était collant et plus il essayait de me consoler plus il m’énervait.

Quand je pense à cet événement, ça me fait encore bouillonner, j’en tremble, j’ai des palpitations… je retire ce que j’ai dit plus haut, c’est dur d’écrire ces sentiments pour le coup ! J’ai voulu écrire cet article car j’ai dû re raconté ce passage à la médiatrice il y a 4 jours, j’étais en pleurs. C’est un événement que je ne veux pas oublier, pour moi. Avec le temps, j’oublierai petit à petit et si j’ai besoin de me remémorer cet instant, alors je viendrai là.

Je le raconte aussi dans le cadre du suivi de ce blog… car je ne peux pas (vous) parler de cette tempête sans évoquer cette première fois qui a déclenché le reste.

NB : je viens de me rendre compte que depuis le début, vous n’aviez pas ce détail, qu’un des bébés étaient « entre nous » lors des « épisodes » de violence. Peut-être que vous comprendrez mieux mon sentiment de culpabilité (pour ça et le reste), même si à aucun moment Bilou n’a été touché (physiquement).

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3 réflexions sur “Ma première fois

  1. Au risque de choquer certaines je comprends ta réaction et j’aurais pu faire pareil. Parce que oui le papa a clairement exagéré. Ok, on doit se maîtriser mais ce que tu as fait est compréhensible. Ta culpabilité prouve bien que tu distingues le bien du mal. Le reste est certainement lié au contexte.

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  2. Ton histoire me touche énormément. Je suis certaine que jamais tu n’aurais jamais imaginé être capable de violence, sur qui que ce soit. Quel âge ont tes jumeaux? Les nuits trop courtes ou hachées, la fatigue, la nervosité, ainsi que la recherche de la perfection et l’angoisse de mal faire, voilà probablement ce qui explique que tu en sois arrivée à faire ce geste malheureux. Bien sûr, la réaction du papa n’a pas aidé: maman lionne a sorti les crocs! J’aurais fait pareil.
    Après, il est nécessaire de calmer le jeu, car vous avez franchi la ligne rouge, celle qui marque le début du manque de respect envers son partenaire. Je crois comprendre que ton couple n’a pas survécu à ces épreuves, c’est dommage. 😦 Il y a un nom pour ça: baby clash!
    Si tu le peux, essaie de te reposer. C’est facile à dire, oui je sais. Moi je laisse bébé chez sa mamie durant un week-end environ toutes les 6 semaines pour passer au minimum deux nuits sereines, c’est-à-dire sans l’angoisse du réveil nocturne ou du réveil au chant du coq. 😉
    On devrait aussi apprendre à prendre un peu de recul quand nos bébés pleurent: ils ont mangé? ils sont propres? ils sont en bonne santé? ils n’ont pas froid, ni chaud? Alors tout va bien! 🙂
    A bientôt

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  3. Lily, ils ont 23 mois. Si tu as trainé sur le reste du blog (notamment « présentation ») tu auras peut-être vu que mon couple n’a pas « tenu » pour une autre raison et pas à cause de la naissance des kids 😉
    Pour le repos (voir « petite pause » et « reprise ») ça y est ! Avec les 3 semaines d’arrêt, mes parents et les andi-dépresseurs, ça va mieux (mais il y a encore du chemin). De que tu fais est très bien, il faut anticiper la fatigue et le pétage de plombs ^^
    Pour le recul c’est bon ! … avec 23 mois de pratique ça va 🙂
    Merci pour ton commentaire.

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